Un voile de lumière ultra-faible, invisible, enveloppe le corps humain
Des chercheurs japonais du Tohoku Institute of Technology ont publié en 2009 les premières images de cette lueur humaine dans la revue PLoS ONE. Ils ont filmé pendant 20 minutes, chaque trois heures, cinq volontaires nus assis dans l’obscurité totale, avec une caméra refroidie à -120 °C, capable de détecter quelques photons par seconde et par centimètre carré de peau. Résultat : le corps humain « brille » très légèrement, avec une intensité maximale en fin d’après-midi, minimale le matin, et un visage plus lumineux que le reste du corps.

Depuis, d’autres travaux ont poussé plus loin cette piste, jusqu’à mesurer en 2024 les photons émis par le cerveau humain à travers le crâne, à l’aide de dispositifs optiques ultra-sensibles. Ces émissions ultra-faibles, appelées EPU ou « biophotons », sont aujourd’hui au cœur d’un champ de recherche qui mélange biologie cellulaire, optique de très bas niveau de lumière et imagerie médicale.
L’idée que le corps humain rayonne de lumière n’a donc plus rien d’une métaphore poétique. La question n’est plus « est-ce que cela existe ? », mais : « d’où vient cette lumière, que raconte-t-elle sur l’état du corps, et peut-on en faire un outil médical ? ».

D’où vient cette lumière ultra-faible du corps humain ?
La première chose à clarifier est simple : il ne s’agit pas de chaleur infrarouge, mais bien de lumière dans le domaine visible, entre 400 et 700 nanomètres, à l’image de celle des lucioles ou des méduses, mais à une intensité dérisoire.
Les travaux convergent sur un mécanisme de base : la lumière vient de réactions chimiques à l’intérieur des cellules, liées au métabolisme et au stress oxydatif. Le moteur se trouve dans les mitochondries, ces organites qui oxydent le glucose et les acides gras pour produire l’ATP. Lors de cette « combustion contrôlée », des espèces réactives de l’oxygène (ERO) se forment. Elles déclenchent des réactions d’oxydation de lipides, de protéines ou d’ADN qui peuvent créer des molécules dans un état excité. Quand ces molécules retombent à un état d’énergie plus bas, elles libèrent un photon.

Des équipes comme celle de l’université de Calgary ou des groupes japonais parlent d’émissions de photons ultra-faibles. On parle de quelques photons par seconde et par centimètre carré de tissu, un flux minuscule comparé à la lumière ambiante. Des expériences sur des feuilles de plantes, sur des bactéries, sur des tissus animaux et sur des souris montrent le même schéma : tant que les cellules sont vivantes et métaboliquement actives, la lueur existe. Quand les cellules meurent, elle chute très vite.
Une étude publiée dans The Journal of Physical Chemistry Letters sur des souris montre que le rayonnement visible du corps chute brutalement après la mort de l’animal, sur une échelle de quelques minutes. Le même type de comportement a été observé sur des feuilles de plantes : lumière constante pour un tissu vivant, hausse en cas de blessure ou de stress chimique, extinction quand le tissu meurt. La lumière suit l’activité biochimique, pas la température.
Cette lumière n’a pas de fonction identifiée chez l’humain. Chez la luciole, la bioluminescence sert à la reproduction. Chez certains poissons des abysses, elle sert à attirer des proies ou à communiquer. Chez l’humain, le flux est trop faible pour une fonction de signalisation macroscopique. Les chercheurs y voient un sous-produit de la chimie du vivant, une « fuite » d’énergie sous forme de photons.
Biophotons, EPU, bioluminescence : de quoi parle-t-on exactement ?
Les termes se sont multipliés au fil des décennies, avec parfois un glissement vers le discours pseudo-scientifique. D’où l’intérêt de clarifier le vocabulaire.
- Biophotons : photons émis par des systèmes biologiques, avec une intensité extrêmement faible. Le terme apparaît dans la littérature scientifique au milieu du XXe siècle. Il désigne des photons individuels détectés sur des cellules ou des tissus vivants, sans excitation lumineuse préalable.
- Émission de photons ultra-faibles (EPU) : terme utilisé dans de nombreux articles récents pour décrire cette lumière continue, spontanée, entre 200 et 1 000 nanomètres. Elle inclut donc le visible et une partie de l’ultraviolet et de l’infrarouge proche.
- Bioluminescence : au sens strict, phénomène où un organisme produit une lumière visible assez intense pour être perçue directement, grâce à une réaction chimique dédiée (luciférine/luciférase chez la luciole par exemple). Chez l’humain, on parle parfois de « bioluminescence humaine » dans les médias, mais la communauté scientifique préfère EPU ou biophotons.
Les caméras utilisées pour cette recherche sont des systèmes très proches de ceux des expériences de physique quantique : capteurs CCD refroidis à très basse température, électronique de lecture à très faible bruit, parfois des photomultiplicateurs capables de détecter un seul photon. Sans ce matériel, la lumière humaine se perd dans le bruit.
Un point important pour couper court aux amalgames : ces biophotons n’ont rien à voir avec une « aura » au sens ésotérique. Ils ne dessinent pas un halo net autour du corps. Les images de 2009 montrent plutôt des cartes de chaleur lumineuse : des zones plus intenses sur le visage, les mains, les épaules, avec des variations faibles, mais reproductibles, liées au métabolisme.
Comment sait-on que le corps humain brille ? Les expériences clés
Plusieurs travaux se complètent pour répondre à la question de départ : le corps humain émet-il vraiment de la lumière ? La réponse repose sur des mesures directes.
L’étude japonaise de 2009 : « le corps humain brille littéralement »
En 2009, une équipe japonaise du Tohoku Institute of Technology publie les premières images de la lueur humaine. Cinq hommes jeunes, en bonne santé, posent torse nu dans une chambre noire, à 25 °C, pendant plusieurs jours. Les chercheurs utilisent une caméra CCD extrêmement sensible, refroidie, avec des temps de pose de 20 minutes. Ils réalisent des clichés à 10 h, 13 h, 16 h et 22 h.
Les résultats montrent :
- une lumière visible ultra-faible, dans le spectre 400–700 nm, donc bien en dehors de l’infrarouge thermique ;
- une intensité maximale autour de 16 h, minimale à 10 h, ce qui colle avec le rythme circadien et la variation du métabolisme au cours de la journée ;
- un visage plus lumineux que le torse ou les membres, avec des pics sur le front, le cou et les joues.
L’intensité reste environ 1 000 fois trop faible pour que l’œil humain la distingue dans l’obscurité. L’étude élimine l’hypothèse d’un artefact infrarouge en utilisant en parallèle une caméra thermique. Les deux cartes (chaleur vs lumière visible) ne se superposent pas complètement.
Les expériences sur les biophotons du cerveau
En 2024, des chercheurs publient dans la revue iScience une étude sur la lumière émise par le cerveau humain. Ils mesurent, pour la première fois depuis l’extérieur du crâne, un flux de biophotons provenant du tissu cérébral. Les participants portent un dispositif de détection optique appliqué sur la tête, dans une pièce noire. Les chercheurs observent des variations du flux lumineux lorsque les sujets réalisent des tâches cognitives simples.

Les auteurs restent prudents : ils ne trouvent pas de lien direct et clair entre une tâche précise et un motif lumineux stable. Le système nerveux est trop complexe pour une corrélation simple. Mais le fait même de capter ces photons, à travers des os et des tissus, confirme que le cerveau, comme le reste du corps, produit une lumière ultra-faible liée à son activité.
La « lumière de la vie » qui s’éteint après la mort
Une étude relayée en 2023 et 2024 par plusieurs médias scientifiques (Science & Vie, Geo, Futura) repose sur des travaux menés à l’université de Calgary et au Conseil national de recherches du Canada. Les chercheurs placent des souris vivantes et des feuilles de plantes dans des chambres optiques noires, équipées de détecteurs capables de compter les photons émis en temps réel.
Les résultats sont nets :
- les organismes vivants émettent en continu une lumière ultra-faible ;
- l’intensité augmente en cas de stress (blessure sur une feuille, agent chimique, perturbation métabolique) ;
- quelques minutes après la mort de l’animal, la quasi-totalité de cette lumière disparaît, sauf quelques résidus très localisés sur les anciennes zones plus actives.
Les auteurs insistent sur un point : cette extinction rapide n’est pas liée à la température ou à un artefact technique, mais à l’arrêt des réactions chimiques internes. La lumière suit l’activité cellulaire. Elle « colle » à la vie plus qu’aux signes cliniques visibles de la mort. Une personne en mort cérébrale, dont la circulation reste maintenue, continuerait à émettre cette lueur tant que les cellules restent actives.
Combien de lumière émet un corps humain ? Ordres de grandeur
Pour comprendre pourquoi nous ne voyons rien, il faut descendre dans les chiffres. Les mesures parlent de quelques photons par seconde et par centimètre carré de peau, typiquement entre 1 et 1 000 photons par seconde selon les zones, l’espèce et l’état des tissus.
Pour donner un ordre de comparaison :
- une bougie émet de l’ordre de 1015 photons par seconde ;
- un écran de smartphone, à luminosité moyenne, envoie des dizaines de milliards de photons par seconde vers vos yeux ;
- la lune réfléchit une fraction infime de la lumière solaire, mais l’intensité reste des milliards de fois plus forte que la lueur d’un corps humain.
L’œil humain, dans le noir complet, peut théoriquement détecter quelques photons arrivant sur la rétine, mais il travaille avec un fond de bruit permanent, lié à la température, au mouvement et aux signaux internes. La lumière émise par votre propre peau et vos vêtements est noyée dans ce bruit et sans contraste. Il faudrait amplifier cette émission d’un facteur d’environ 1 000 pour qu’elle devienne visible à l’œil nu dans l’obscurité.
Les caméras utilisées dans les études réduisent ce bruit à un minimum. Le capteur est refroidi pour limiter l’agitation thermique des électrons. Le temps de pose est très long. La moindre source parasite (LED, écran de contrôle, infrarouge des appareils) est éliminée. Les chercheurs calibrent ensuite leurs images pour soustraire le bruit résiduel du système et ne garder que les photons d’origine biologique.
Qu’est-ce que cette lumière nous apprend sur l’état du corps ?
Au-delà de l’effet « waouh », les biophotons intéressent les biologistes et les médecins parce qu’ils suivent l’état des cellules en temps réel. Cette lumière dépend du métabolisme, du stress oxydatif et de la réparation des tissus. Elle pourrait devenir un indicateur de santé à très bas niveau de lumière.
Les expériences sur les plantes montrent que lorsque l’on blesse une feuille ou qu’on l’expose à une toxine, l’intensité lumineuse monte. Les réactions de défense génèrent plus de radicaux libres, donc plus de photons. Une fois la réparation achevée ou la mort du tissu actée, la lueur retombe. Sur les souris, la distribution spatiale de la lumière met en avant certains « points chauds » comme les pattes ou la tête, zones de forte activité métabolique.
Sur l’humain, l’étude de 2009 montre une variation dans la journée, avec un pic en fin d’après-midi. Cette variation ressemble aux courbes de certaines hormones (comme le cortisol) et à la fluctuation du métabolisme de base. Cela suggère que la lumière ultra-faible suit les rythmes circadiens. Des différences d’intensité entre les individus apparaissent aussi, liées au type de peau, à la densité de mitochondries dans les tissus, à la vascularisation.
La lumière émise par le cerveau, mesurée en 2024, ouvre un champ plus spéculatif, mais réel : certains chercheurs se demandent si ces biophotons jouent un rôle local de signalisation à l’intérieur du cerveau. Pour l’instant, les données montrent des variations de flux pendant des tâches mentales, sans que l’on puisse dire si la lumière influence l’activité neuronale ou si elle ne fait que la refléter. La prudence scientifique s’impose ici, car le risque de dérapage vers des théories non prouvées est fort.
Applications possibles : vers une « imagerie de la lumière vivante » ?
Les biophotons intéressent l’optique biomédicale pour une raison simple : ils donnent une information sur la chimie interne sans injection de traceur ni exposition à un rayonnement externe. Une sorte d’auto-fluorescence ultra-faible qui suit en direct le stress cellulaire, les réactions d’oxydation, la réparation des tissus.
Plusieurs pistes se dessinent.
- Suivi du stress oxydatif : puisque la lumière est liée aux espèces réactives de l’oxygène, mesurer l’EPU pourrait donner une mesure non invasive du stress oxydatif de certains tissus. Des équipes travaillent sur des modèles de peau, de foie ou de neurones pour corréler biophotons et marqueurs biochimiques classiques.
- Surveillance des tissus en culture : en biotechnologie, on cultive des tissus et des organoïdes in vitro. Suivre leur lumière à très bas niveau pourrait informer en temps réel sur leur état, sans prélèvement ni marquage.
- Recherche sur le cancer : des cellules tumorales présentent souvent un métabolisme très différent (effet Warburg, stress oxydatif élevé). Certains groupes testent l’hypothèse selon laquelle des tissus cancéreux émettraient un flux de biophotons différent de tissus sains, exploitable comme signal d’alerte. À ce stade, on reste dans la recherche préclinique, pas dans un outil clinique.
- Neurosciences : la mesure des biophotons du cerveau ouvre la perspective d’une imagerie complémentaire à l’EEG ou l’IRM, sensible à des réactions chimiques très locales. Les signaux sont faibles, les signaux parasites nombreux. Les premiers résultats restent exploratoires.
Un point à garder en tête : ces dispositifs demandent aujourd’hui un environnement contrôlé, des capteurs coûteux et une isolation optique quasi totale. On est loin de la « caméra de l’aura » vendue au public. Si un jour cette technologie trouve une place en clinique, ce sera sous forme d’instruments lourds, calibrés, intégrés à des plateformes hospitalières, pas sous forme de gadget.
Biophotons, « aura » et dérives pseudo-scientifiques
Depuis les années 1970, le terme « biophoton » circule aussi dans des milieux alternatifs, souvent coupé de la littérature scientifique sérieuse. On retrouve des promesses autour d’« eau photonique », « thérapies quantiques par la lumière du corps » ou appareils supposés « harmoniser le champ biophotonique ». Ces discours s’appuient sur une base réelle (l’existence de biophotons), mais extrapolent sans données.
Les faits établis sont clairs :
- oui, les cellules vivantes émettent une lumière ultra-faible, détectable avec du matériel spécialisé ;
- oui, cette lumière dépend de l’état chimique interne (stress, métabolisme, réparation) ;
- non, la science n’a pas mis en évidence un « champ lumineux » structuré autour du corps qui porterait des informations émotionnelles ou spirituelles ;
- non, les dispositifs grand public qui prétendent « photographier l’aura » ne se basent pas sur les biophotons mesurés par les études de Calgary ou du Tohoku Institute, mais sur des systèmes électroniques interprétés via des algorithmes opaques.
Les chercheurs qui travaillent réellement sur le sujet parlent de flux de photons par seconde, de spectres de 200 à 1 000 nm, de corrélation avec des marqueurs biochimiques et de limites de détection. Ils ne parlent ni de « corps subtils » ni de « champs énergétiques » au sens spirituel. Quand des sites invoquent les biophotons pour vendre des produits censés « augmenter la fréquence vibratoire du corps », ils sortent de la zone scientifique.
Ce que la lumière du corps dit de la vie et de la mort
Les travaux récents ont remis au centre une idée forte : tous les êtres vivants semblent produire naturellement de la lumière ultra-faible, et cette lumière s’éteint quand la vie s’arrête. Des mesures sur des plantes, des bactéries, des invertebrés, des souris et des tissus humains vont dans ce sens. Les biophotons collent à l’activité cellulaire, donc à la vie.
Sur des souris euthanasiées, la chute du signal lumineux intervient sur quelques minutes, alors que le corps reste chaud et que les signes visibles de la mort n’apparaissent pas encore. Sur des plantes, une feuille arrachée garde un flux lumineux tant que les cellules restent en activité, puis s’assombrit en même temps que les réactions chimiques internes s’arrêtent. Sur l’humain, on manque de données directes, pour des raisons évidentes d’éthique et de technique, mais les modèles animaux et végétaux indiquent un phénomène général.
Cette lumière ne « quitte » pas le corps comme une entité, elle décroît simplement parce que les molécules ne passent plus par des états excités. Quand l’ATP n’est plus synthétisé, quand la respiration cellulaire s’arrête, les réactions qui produisent les ERO ralentissent puis se figent. Sans transitions énergétiques, plus de photons. La « lumière de la vie » disparaît parce que la chimie s’éteint.
Questions fréquentes sur la lumière émise par le corps humain
Peut-on voir la lumière du corps humain à l’œil nu dans le noir total ?
Non. Le flux de photons émis par le corps humain est environ 1 000 fois trop faible pour la vision humaine, même après adaptation à l’obscurité. Les expériences utilisent des caméras refroidies et des temps de pose très longs. Un humain dans une pièce noire ne verra pas son voisin « briller ».
Cette lumière correspond-elle à l’« aura » des traditions spirituelles ?
Les biophotons décrits par la recherche moderne ne suffisent pas à expliquer les descriptions d’« aura » visible, colorée, parfois perceptible à plusieurs mètres. Les signaux mesurés sont très faibles, collés à la surface des tissus, et ne produisent pas de halo visible. Faire le lien direct entre biophotons et aura relève de l’interprétation personnelle, pas d’un résultat scientifique.
Les personnes malades émettent-elles plus ou moins de lumière ?
Au niveau des cellules et des tissus, certaines études montrent une hausse de l’émission de photons en cas de stress oxydatif, d’infection ou d’agression chimique. Sur un organisme entier, chez l’humain, il n’existe pas encore de carte claire « état de santé → intensité lumineuse ». Les travaux en cours cherchent à corréler EPU et marqueurs de stress, mais on est loin d’un diagnostic par « brillance » globale.
Le cerveau « pense-t-il » avec la lumière ?
Des études ont mesuré des biophotons émis par le cerveau et observé des variations pendant des tâches cognitives. Certains chercheurs spéculent sur un possible rôle local de ces photons dans la communication neuronale. À ce jour, aucune preuve solide ne montre que la lumière joue un rôle central dans la pensée humaine. Les biophotons semblent surtout refléter l’activité métabolique du tissu nerveux.
Peut-on utiliser cette lumière pour diagnostiquer des maladies ?
La piste la plus sérieuse concerne le suivi du stress oxydatif et de l’état de tissus en culture ou chez l’animal. Des chercheurs étudient aussi la réponse lumineuse de tissus tumoraux. Mais il n’existe pas, à ce jour, de méthode clinique validée qui se base sur les biophotons pour diagnostiquer un cancer ou une maladie chez un patient. Les applications restent en phase de recherche.
Cette lumière a-t-elle un effet sur notre santé ou notre environnement ?
L’intensité des biophotons est tellement faible qu’elle ne modifie pas l’environnement et n’a aucun effet connu sur la santé. On parle de quelques photons par seconde et par centimètre carré. Cette lumière renseigne sur l’état du corps, mais ne « traite » ni ne perturbe quoi que ce soit autour de nous.
Peut-on « augmenter » sa lumière intérieure ?
Sur un plan strictement biologique, tout ce qui change le métabolisme et le stress oxydatif modifie la production de biophotons : activité physique, alimentation, inflammation, exposition aux toxines. Mais viser une « augmentation » de cette lumière comme objectif n’a pas de sens médical. Un excès de stress oxydatif, qui pourrait s’accompagner d’une hausse locale de biophotons, est plutôt un signe de déséquilibre. Les discours qui promettent d’« élever sa lumière » via des gadgets ou des eaux « informées » jouent sur une métaphore, pas sur une base scientifique solide.
Les appareils qui « photographient l’aura » mesurent-ils les biophotons ?
Les systèmes commercialisés sous l’étiquette « photos d’aura » utilisent en général des capteurs électriques ou des capteurs de pression combinés à des algorithmes qui colorent une image en fonction de ces signaux. Ils ne disposent pas du blindage optique, du refroidissement ni de la sensibilité nécessaire pour détecter les biophotons au niveau où travaillent les équipes de recherche. Assimiler ces images à la lumière ultrafaible du corps humain n’est pas justifié.
Le corps humain émet-il aussi de la lumière infrarouge ?
Oui, comme tout corps chaud, il émet un rayonnement thermique infrarouge, qui sert à la thermographie médicale ou aux caméras de vision nocturne. Ce rayonnement est bien plus intense que la lumière visible ultra-faible dont il est question ici. Les deux phénomènes coexistent mais relèvent de mécanismes physiques différents : vibrations thermiques pour l’infrarouge, réactions chimiques spécifiques pour les biophotons.
Pourquoi découvre-t-on seulement maintenant cette lumière ?
Les premières hypothèses remontent à près d’un siècle, mais les capteurs de l’époque n’avaient ni la sensibilité ni la stabilité requises. Il a fallu le développement des CCD refroidis, des photomultiplicateurs modernes et de l’électronique de très bas bruit pour sortir le signal de la bouillie de photons parasites. Les travaux de 2009 et ceux des années 2020 s’inscrivent dans cette évolution technologique.
Sources et références (13)
▼
- [1] Quebecscience.qc.ca (quebecscience.qc.ca)
- [2] Pourlascience (pourlascience.fr)
- [3] Science-et-vie (science-et-vie.com)
- [4] Letempledelavie (letempledelavie.fr)
- [5] Linequartz (linequartz.com)
- [6] Futura-sciences (futura-sciences.com)
- [7] Vietnam.vn (vietnam.vn)
- [8] Geo (geo.fr)
- [9] Leblob (leblob.fr)
- [10] Fr.wikipedia (fr.wikipedia.org)
- [11] Truelight (truelight.fr)
- [12] Youtube (youtube.com)
- [13] Solvital (solvital.fr)
