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    Science

    Les médiums peuvent-ils vraiment communiquer avec les morts?

    LeonPar Leon5 septembre 2026Aucun commentaire9 Minutes de Lecture
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    A woman sitting in a dimly lit room, reading tarot cards by candlelight.
    Photo de Anastasia Shuraeva sur Pexels.
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    Les médiums peuvent-ils vraiment communiquer avec les morts?

    Des médiums affirment recevoir des messages de personnes décédées par la voix, la vision ou les sensations. Certaines séances produisent des informations jugées précises. Mais une correspondance exacte suffit-elle à prouver qu’un mort parle? L’enquête scientifique est moins spectaculaire que la séance, et beaucoup plus exigeante.

    Des récits anciens aux tests en aveugle

    A mysterious group seance in a dimly lit room with candles and a piano, evoking spiritualism.
    Photo de Pavel Danilyuk sur Pexels.

    La médiumnité désigne la prétention à communiquer avec des personnes décédées ou avec des êtres non matériels. Les termes employés varient selon les pratiques : la clairaudience renvoie à l’audition d’un message, la clairvoyance à la perception d’une image ou d’une présence, et la clairsentience à une sensation attribuée à un défunt.

    La croyance ne commence pas avec les réseaux sociaux. Les récits de séances, les mouvements spiritualistes, les témoignages familiaux, les émissions de télévision et les vidéos en ligne ont diffusé une même mécanique narrative : un détail intime apparaît, la personne reconnaît son proche disparu, puis cette reconnaissance devient une preuve personnelle.

    Le premier point à vérifier n’est donc pas seulement l’exactitude d’une information, mais sa source. Une correspondance peut être liée au hasard, aux attentes de la personne consultante, à une information obtenue par des moyens ordinaires ou à un processus inconscient. Pour départager ces hypothèses, il faut réduire les indices disponibles.

    Le test de 2021 réduit le champ des indices

    A person pointing at a sticky note on a desk during a brainstorming session
    Photo de UX Indonesia sur Unsplash.

    Le 7 juin 2021, Tressoldi, Liberale, Sinesio, Bubba, Pederzoli et Testoni ont publié dans Explore l’étude Mediumship accuracy: A quantitative and qualitative study with a triple-blind protocol. Elle porte sur neuf médiums, 38 lectures et 38 personnes décédées choisies par 36 consultants.

    Le protocole limitait les informations accessibles. Le médium recevait uniquement le nom du défunt. Il n’avait pas de contact direct avec le consultant, tandis que l’intervieweur ne disposait d’aucune information supplémentaire sur la personne décédée. À chaque session, le médium devait fournir des informations sur deux défunts du même sexe. Ces éléments étaient ensuite placés dans deux listes anonymes que les consultants devaient évaluer.

    Ce que mesure le score

    Les lectures ciblées ont été correctement identifiées dans 65,8 % des cas, contre 50 % attendus par le hasard. Elles contenaient aussi, en moyenne, 29,5 % d’informations correctes de plus que les lectures de contrôle. Le résultat dépasse donc le seuil choisi pour la comparaison statistique.

    Ce chiffre mesure une performance dans un protocole donné. Il ne dit pas quelle source a produit l’information. L’étude rapporte un écart au hasard, mais cet écart ne suffit pas à identifier un esprit indépendant du cerveau. Le fantôme, cette fois encore, n’a pas signé le procès-verbal.

    L’étude de 2021 évalue la justesse d’informations attribuées à des médiums dans un protocole contrôlé. Elle ne mesure pas directement l’existence d’un esprit et ne permet pas d’attribuer chaque information à un défunt.

    Un résultat au-dessus du hasard n’identifie pas son auteur

    Le 9 novembre 2024, M. A. Costa et A. Moreira-Almeida ont publié dans International Review of Psychiatry la revue scientifique What does mediumship tell us about the mind beyond the brain?. Les auteurs examinent les résultats obtenus dans les recherches sur la médiumnité et recensent plusieurs explications concurrentes : fraude, crédulité ou désir de croire de la personne consultante, hasard, trouble mental du médium et personnification involontaire de processus inconscients.

    Évoquer l’hypothèse d’un esprit indépendant du cerveau ne transforme pas cette hypothèse en fait établi. Une publication peut étudier une explication non conventionnelle sans la démontrer. Le problème reste le même que dans l’étude de 2021 : un résultat inhabituel doit être distingué de son interprétation.

    Les attentes jouent aussi un rôle dans la manière dont une séance est reçue. Une personne qui espère retrouver un proche peut accorder davantage de poids aux éléments qui correspondent à son histoire. Le désir de croire ne prouve ni une fraude ni une communication surnaturelle, mais il montre pourquoi une impression de précision ne suffit pas à trancher.

    Entendre une voix ne suffit pas à poser un diagnostic

    person wearing silver framed eyeglasses
    Photo de Mark Paton sur Unsplash.

    Une autre étude s’intéresse aux personnes qui rapportent des expériences de médiumnité, sans chercher à vérifier l’origine des messages. Publié en 2017 dans F1000Researchl’article People reporting experiences of mediumship have higher dissociation symptom scores than non-mediums, but below thresholds for pathological dissociation analyse les réponses de 3 023 participants.

    Une association, pas un diagnostic

    42 % des participants ont déclaré des expériences de médiumnité. L’étude repose sur une analyse secondaire de données d’enquête transversale et sur un échantillon de convenance. Elle examine le lien entre ces expériences et les symptômes dissociatifs à l’aide de la Dissociative Experiences Scale Taxon, ou DES-T.

    Les états dissociatifs sont décrits comme un continuum qui va de formes non pathologiques, comme la rêverie, à des états pouvant provoquer une souffrance ou une gêne dans la vie quotidienne. L’article rappelle aussi que le fait de rapporter un contact avec les morts n’est pas, en lui-même, un signe de pathologie.

    Cette étude ne démontre donc ni que les messages viennent des morts, ni que les personnes concernées souffrent d’un trouble. Elle décrit une association dans un échantillon donné. Corrélation n’est pas causalité, même quand l’acronyme de l’échelle porte une blouse blanche.

    Pourquoi une séance peut sembler plus précise qu’elle ne l’est

    person holding white printer paper
    Photo de UX Indonesia sur Unsplash.

    La médiumnité répond à une question particulièrement chargée : le lien avec une personne disparue continue-t-il après la mort? Une expérience de présence ou un message perçu peut apporter un réconfort sincère. Ce réconfort est une conséquence vécue, pas une preuve de l’origine surnaturelle du message.

    La revue de 2024 montre pourquoi le dossier reste ouvert sur le plan des mécanismes, mais pas sur le plan de la preuve. Les explications conventionnelles incluent le hasard, les attentes de la personne consultante et la production involontaire par l’esprit du médium. Les explications non conventionnelles proposent une conscience indépendante du cerveau. Tant que ces hypothèses ne sont pas départagées par des tests reproductibles, le résultat reste compatible avec plusieurs scénarios.

    La répétition d’un récit peut ensuite donner au mythe une apparence de solidité. Une séance racontée après coup conserve facilement le détail qui a touché juste, tandis que les affirmations trop générales ou les erreurs passent au second plan. Une histoire qui circule beaucoup gagne en visibilité, pas automatiquement en fiabilité.

    Un vrai test doit compter les ratés

    Le protocole de 2021 fournit une base concrète pour examiner une affirmation de médiumnité. Il faut conserver les informations produites et comparer les lectures ciblées avec des lectures de contrôle, au lieu de ne raconter que les réussites.

    Les conditions qui changent la lecture

    1. Limiter les informations reçues par le médium, par exemple au nom du défunt.
    2. Éviter le contact direct avec la personne consultante et séparer les rôles des participants.
    3. Comparer deux défunts du même sexe et présenter les résultats dans des listes anonymes.
    4. Faire évaluer chaque information, y compris les erreurs, au lieu de sélectionner les seules correspondances.
    5. Comparer les lectures ciblées aux lectures de contrôle et au résultat attendu par le hasard.

    Dans l’étude de 2021, les lectures ont été évaluées à l’aide d’une échelle en quatre points allant de totalement faux à totalement correct. Cette méthode évite de réduire toute la séance à une anecdote mémorable. Elle ne règle pas pour autant la question du mécanisme : un score supérieur au hasard ne désigne pas son auteur.

    Un message reçu en séance ne doit pas suffire à prendre une décision médicale, financière ou juridique. Dans un deuil, il peut être accueilli comme une expérience personnelle sans être présenté comme une communication vérifiée avec un défunt.

    Les études disponibles ne démontrent pas que les médiums communiquent avec les morts. L’étude de 2021 rapporte toutefois des résultats supérieurs au hasard dans un protocole contrôlé. L’étude de 2017 décrit des expériences de médiumnité dans un échantillon donné, sans établir leur origine ni poser un diagnostic. Des résultats intrigants existent, mais la communication avec les morts reste non établie.

    Sources et références scientifiques
    1. Tressoldi P, Liberale L, Sinesio F, Bubba V, Pederzoli L, Testoni I.. Mediumship accuracy: A quantitative and qualitative study with a triple-blind protocol.. Explore (New York, N.Y.). 2021. DOI: 10.1016/j.explore.2021.05.009 · PMID: 34147342. (résumé scientifique structuré; texte intégral non fourni)
    2. Costa MA, Moreira-Almeida A.. What does mediumship tell us about the mind beyond the brain?. International review of psychiatry (Abingdon, England). 2024. DOI: 10.1080/09540261.2024.2422482 · PMID: 40627508. (résumé scientifique structuré; texte intégral non fourni)
    3. People reporting experiences of mediumship have higher dissociation symptom scores than non-mediums, but below thresholds for pathological dissociation – PMC. F1000Research. DOI: 10.12688/f1000research.12019.3 · PMID: 29416850.
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