22 mars 2011

Le drapeau noir des pirates

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Les pirates crânent entre deux os !

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À moins d’avoir grandi dans une grotte ou de débarquer de la planète Krypton, n’importe qui est capable de dire à quoi ressemble un drapeau de pirate : noir avec une tête de mort blanche. Quant à son rôle, reconnaissable entre mille et synonyme de piraterie, il servait à inspirer la terreur sur toutes les mers du globe.

Hé bien, voyez-vous chers lecteurs, comme souvent, ce n’est pas si simple. Pour commencer, il convient de bien dissocier les deux grandes familles de pavillons qui ont, sur la mer, un rôle très différent. On trouve, tout d’abord, des pavillons d’appartenance, aux couleurs du groupe auquel le bateau déclare, en arborant ce pavillon, appartenir. Il s’agit généralement de pavillons aux couleurs d’un pays, d’une ville, d’un clan ou d’un groupement. Le pavillon noir des pirates serait-il alors, à l’instar du drapeau anarchiste, un moyen d’affirmer qu’on ne dépend d’aucune nation et qu’on appartient à la grande famille des pirates ? Absolument pas ! Le drapeau pirate appartient à l’origine, à l’autre famille de pavillons, celle des pavillons dits « de signaux » , servant à communiquer visuellement entre navires. Ces pavillons, utilisaient, et utilisent toujours, un code connu de tous et basé sur l’association de couleurs.

Dans le langage de l’époque, ce n’est donc pas le noir seul mais l’association des deux couleurs noires et blanches qui comptait et qui servait à annoncer aux vaisseaux qu’ils étaient sur le point de se faire aborder. Ce pavillon n’était d’ailleurs pas un pavillon synonyme de mort car il laissait au contraire à l’équipage un court laps de temps pour choisir de se rendre sans résistance et éviter le bain de sang. Cette notion de temps, symbolisée sur les drapeaux par un sablier blanc a malheureusement disparu de l’imagerie cinématographique des pirates, Hollywood préférant représenter des tibias ou des sabres plus facilement interprétables. Sachant cela, on imagine mal les bateaux pirates voguant fièrement sous pavillon noir. Annoncer longtemps à l’avance leurs intentions d’abordage et laisser le temps aux navires de fuir ou de s’organiser n’aurait pas été très productif. C’eut été fairplay certes, mais les pirates ne sont pas connus pour avoir tous été de parfaits gentlemen. Ils ne hissaient ce pavillon qu’au dernier moment, quand ils le hissaient.

Le drapeau qui, lui, était synonyme de mort et de désolation n’était ni blanc ni noir mais rouge. Il signifiait que l’heure n’était plus à la reddition et que les pirates n’avaient pas l’intention de faire de quartier.

Certains pensent d’ailleurs que le nom du pavillon noir, ou plutôt noir et blanc, le « Jolly Roger », pourrait avoir comme origine « joli rouge » désignant le fameux pavillon rouge, couleur du sang qui s’apprêtait à couler plus que de raison.