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    Les chameaux stockent-ils vraiment de l’eau dans leurs bosses ? Mythes, biologie et chiffres réels

    Par 16 mai 2026Aucun commentaire18 Minutes de Lecture
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    Two camels with red blankets grazing in a sunlit, arid rural setting with blue sky.
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    Une légende tenace née d’une illusion visuelle

    En 2022, le site du Scientific Director of Québec a publié une fiche de vulgarisation au titre sans nuance : « Les bosses du chameau sont remplies d’eau ? Faux. » Le verdict tombe après plus d’un siècle d’anatomie comparée : les dissections menées depuis la fin du XIXe siècle montrent des bosses pleines de graisse, pas d’un réservoir aqueux. Pourtant, la croyance survit, y compris chez des adultes diplômés, dès qu’on pose la question dans une salle de classe.

    La confusion vient d’un détail physique qui trompe l’œil. Quand un chameau ou un dromadaire traverse plusieurs semaines de disette, sa ou ses bosses se ratatinent. Elles perdent leur tenue verticale, s’affaissent sur le côté, comme un sac qu’on aurait vidé. De là à imaginer que l’eau « stockée » s’est évaporée, il n’y avait qu’un pas. Des récits de voyageurs de la Route de la Soie au Moyen Âge décrivent ces animaux comme des « porteurs d’eau » du désert.

    L’idée a circulé jusque dans des encyclopédies populaires au XIXe siècle. On la retrouvait encore dans certains manuels scolaires au début du XXe siècle, avant que les clichés d’anatomie et les coupes histologiques ne circulent largement. Aujourd’hui, des sites de vulgarisation comme Le Mag des Animaux ou le Détecteur de rumeurs au Québec consacrent des articles entiers à débunker cette idée reçue, preuve qu’elle reste bien accroché dans l’imaginaire collectif.

    Le paradoxe est là : la légende est fausse, mais elle se nourrit d’un fait bien réel. Le chameau survit plusieurs jours sans boire et sa silhouette change visiblement au fil des privations. Pour comprendre ce qui se passe, il faut ouvrir la bosse, au sens propre.

    Camel silhouette in desert with visible hump
    Photo : Christophe RASCLE / Pexels

    Ce que contiennent vraiment les bosses : de la graisse, pas de l’eau

    Anatomiquement, la bosse du chameau (et du dromadaire) est un amas de tissu adipeux solidement ancré dans la peau et dans un fin réseau de tissus conjonctifs. Les analyses rapportées par Le Mag des Animaux donnent une composition typique : environ 80 % de lipides, 15 % de tissus conjonctifs, 5 % de vaisseaux et de nerfs, et 0 % d’eau libre. Autrement dit, on parle d’un « coussin de graisse » très concentré, pas d’une gourde intégrée.

    Close-up of camel hump anatomy and fat tissue concept
    Photo : Aliaksei Semirski / Pexels

    Une bosse de dromadaire bien remplie peut peser jusqu’à 30 à 35 kg, soit une réserve énergétique de l’ordre de 250 000 à 315 000 kilocalories selon les estimations reprises par plusieurs sites spécialisés en biologie animale. À titre de comparaison, c’est l’équivalent calorique de plus de 1 000 barres chocolatées standard. Quand l’animal puise dedans, la masse disparaît progressivement, ce qui explique l’aspect flasque que décrivent les éleveurs lorsque « la bosse pend sur le côté ».

    Cette localisation dorsale de la graisse n’a rien d’anodin. Chez l’humain, la graisse se répartit sous la peau et autour des organes. Chez le chameau, le gros du stock se concentre dans une zone limitée. Des travaux de physiologie publiés dans des revues de biologie animale suggèrent que ce choix évolutif limite l’isolation thermique du reste du corps : le tronc, les flancs et les pattes gardent une certaine finesse, ce qui aide à dissiper la chaleur. La bosse joue alors le rôle de « batterie d’énergie » locale, bien visible mais isolée.

    Autre détail souvent oublié : les dromadaires (Camelus dromedarius) n’ont qu’une bosse alors que les chameaux de Bactriane (Camelus bactrianus) en ont deux. Le stock total de graisse reste comparable. La différence vient surtout de l’histoire évolutive et des milieux : les Bactriens vivent dans des zones plus froides d’Asie centrale, leurs deux bosses et leur pelage plus épais s’accordent avec des hivers rigoureux, mais la logique de stockage de graisse reste la même.

    Comment un amas de graisse « fabrique » de l’eau métabolique

    Si la bosse ne contient pas d’eau, elle en produit, au sens chimique du terme. Lorsqu’un chameau mobilise ses lipides, son métabolisme oxyde les acides gras dans les mitochondries. Cette oxydation complète génère du dioxyde de carbone, de l’énergie sous forme d’ATP et… de l’eau, dite eau métabolique. Le principe ne vient pas du folklore, mais de la biochimie de base décrite dans tous les manuels de physiologie animale.

    Les chiffres sont parlants. Selon les explications reprises par Le Mag des Animaux, la dégradation d’1 kg de graisse libère environ 1,1 litre d’eau métabolique. Si l’animal consomme 10 kg de sa bosse sur une longue période de disette, il récupère donc de l’ordre de 11 litres d’eau produite directement par ses cellules. Cette eau ne coule pas dans un « réservoir », elle circule dans le sang, les tissus et participe à l’hydratation générale.

    L’avantage par rapport à une gourde d’eau stockée sur le dos est évident dans un milieu désertique. Une réserve d’eau déborde de contraintes : risque d’évaporation, besoin de parois étanches, masse morte à porter en permanence. La graisse, elle, ne s’évapore pas, reste chimiquement stable et se transforme en eau au moment où l’animal en a besoin. Ce choix chimique colle aux contraintes du désert mieux qu’un réservoir statique.

    Les chameaux ne sont pas les seuls à « fabriquer » leur eau. Les gerboises, certains oiseaux du désert ou encore les kangourous rats d’Amérique du Nord tirent aussi une part importante de leur eau de la dégradation des lipides. Chez le chameau, ce mécanisme prend une autre dimension par l’échelle de la masse impliquée : plusieurs dizaines de kilos de graisse dosable à la demande, capable de fournir de l’énergie, mais aussi une eau interne qui s’ajoute aux autres sources.

    Endurance réelle : combien de temps un chameau tient sans boire ni manger ?

    Les chiffres sérieux sont moins spectaculaires que les légendes de caravaniers, mais restent impressionnants. D’après un article du Scientific Director of Québec, un chameau adulte en bonne santé peut tenir environ une semaine sans boire dans des conditions désertiques sévères, avec des pertes d’eau compensées par ses adaptations physiologiques. Plusieurs sources vétérinaires parlent de 7 à 10 jours selon la chaleur, l’effort et l’accès à de la nourriture riche en eau.

    Sur le plan alimentaire, les réserves de la bosse jouent cette fois à plein. Le même article québécois rappelle qu’un chameau peut survivre 4 à 5 mois sans manger de manière significative, en se contentant de maigres broussailles. Sur le terrain, des études de suivi de troupeaux en Afrique de l’Est montrent des périodes de disette de plusieurs semaines où les animaux perdent jusqu’à 20 à 25 % de leur masse corporelle sans collapsus immédiat.

    Les dromadaires domestiqués utilisés encore aujourd’hui comme animaux de bât dans la péninsule Arabique ou dans la Corne de l’Afrique marchent couramment 20 à 40 km par jour. Le Mag des Animaux évoque des trajets de plus de 200 km parcourus sans boire par un dromadaire bien nourri, soit 5 à 10 jours de marche à rythme soutenu selon le terrain et la charge. Ce n’est pas un record isolé, mais une capacité observée par les vétérinaires et les éleveurs nomades.

    Le plus spectaculaire se produit quand l’animal retrouve une source. Plusieurs sources convergent : un chameau ou un dromadaire peut engloutir plus de 100 litres d’eau en une seule séance. Le Détecteur de rumeurs au Québec parle d’environ 114 litres, soit l’équivalent d’une baignoire à moitié remplie, avalés en quelques minutes. Le Mag des Animaux mentionne même des mesures à 135 litres en 13 minutes, sans rupture des globules rouges ni œdème généralisé. Chez l’humain, une prise d’eau proportionnelle serait purement létale.

    Camel drinking water in desert after long journey
    Photo : Domenico Bertazzo / Pexels

    Cette capacité de recharge ultra rapide n’est possible que parce que tout l’organisme du chameau est conçu pour encaisser des variations massives de volume sanguin et d’osmolarité. La bosse, encore une fois, n’est qu’une pièce du puzzle.

    Le vrai « truc » du chameau : une physiologie taillée pour perdre peu d’eau

    Le mythe des bosses remplies d’eau évacue le cœur du sujet : la manière dont le chameau économise chaque goutte. Les physiologistes qui étudient l’espèce insistent sur un ensemble d’adaptations fines qui, combinées, expliquent sa résistance. Les sources québécoises et les dossiers vulgarisés comme ceux de C’est pas sorcier ou de Ça m’intéresse convergent largement sur les points suivants.

    Des globules rouges ovales qui encaissent le choc

    Chez l’humain et la plupart des mammifères, les globules rouges ont une forme discoïde biconcave et éclatent si on les expose à un afflux d’eau trop brutal. Ceux du chameau sont ovales. Leur membrane possède des propriétés élastiques spécifiques. Le Détecteur de rumeurs rappelle qu’ils peuvent gonfler jusqu’à 240 % de leur volume initial sans éclater, alors que les érythrocytes classiques plafonnent autour de 150 %.

    Conséquence directe : le sang du chameau reste fonctionnel même lorsqu’il se concentre en cas de déshydratation avancée, puis lorsqu’il se dilue brutalement après une prise d’eau massive. L’oxygène continue d’arriver aux tissus, le cœur ne cavite pas, les reins ne s’effondrent pas sous le choc osmotique. La bosse n’a aucun rôle direct ici, mais sans ce sang « extensible », les 100 litres d’eau avalés d’un coup resteraient théoriques.

    Des reins et un intestin qui pressent l’eau jusqu’à la dernière goutte

    Les reins du chameau font partie des plus concentrateurs du monde des mammifères terrestres. Des études de physiologie comparée citent des urines avec une osmolarité près du double de celle de l’humain. Pour le dire simplement, l’animal rejette très peu d’eau par voie urinaire, au prix d’une urine sirupeuse, chargée en urée et en sels.

    Le tube digestif travaille dans le même sens. Les excréments sont si secs qu’ils forment des boulettes dures, immédiatement brûlables. Des ethnologues rapportent l’usage traditionnel de ces crottes comme combustible par des peuples nomades. Cette hyper-récupération d’eau dans le côlon réduit encore les pertes. Là encore, la bosse intervient en amont comme réserve énergétique, mais la vraie barrière à la déshydratation se joue dans ces organes.

    Un museau « climatiseur » et une respiration recyclée

    Le museau du chameau agit comme un échangeur thermique. Ses fosses nasales forment un labyrinthe de cornets et de plis recouverts d’une muqueuse très vascularisée. L’air inspiré se réchauffe et se charge d’humidité. L’air expiré, lui, se refroidit sur ces surfaces et condense une partie de la vapeur d’eau, qui reste dans les tissus. Le Mag des Animaux évoque une récupération pouvant atteindre 75 % de l’humidité expirée dans certaines conditions.

    Cette récupération diminue les pertes par la respiration, qui représentent une part non négligeable du budget hydrique chez tous les mammifères. Quand on additionne ce gain à la concentration de l’urine et des fèces, on comprend que chaque litre d’eau ingéré reste beaucoup plus longtemps dans le corps d’un chameau que dans celui d’un bovin ou d’un cheval.

    Une transpiration minimale et une température qui fluctue

    Un autre levier souvent oublié concerne la régulation thermique. Le chameau accepte que sa température corporelle varie dans une plage plus large qu’un humain. Elle peut se situer autour de 34 °C au petit matin, monter vers 40 °C au cœur de l’après-midi dans le désert, puis redescendre. Tant que cette variation reste contrôlée, les protéines cellulaires continuent de fonctionner.

    Ce choix réduit drastiquement le recours à la transpiration. Le Mag des Animaux cite une sueur d’environ 50 ml par heure au repos, contre près d’1 litre par heure chez l’humain dans un environnement chaud. En d’autres termes, un chameau laisse monter sa température plutôt que d’évaporer trop d’eau. Son pelage clair et laineux, ses longues pattes qui éloignent le corps du sol brûlant et ses coussinets épais complètent ce dispositif en limitant la chaleur absorbée.

    Bosse et soleil : une question de surface exposée

    La bosse ne sert donc pas de citerne, mais elle influe quand même sur la gestion thermique. Une hypothèse avancée par des physiologistes et reprise dans le dossier du Scientific Director of Québec propose un rôle de « parasol inversé ». En concentrant la masse graisseuse dans une ou deux bosses, l’animal réduit la surface dorsale globale qui reçoit directement les rayons du soleil.

    Imaginez une même quantité de graisse étalée sous la peau sur tout le dos : la surface exposée serait plus large, la chaleur accumulée plus diffuse, la dissipation plus difficile. En la regroupant en un volume haut et étroit, le chameau offre au soleil une surface plus réduite pendant une partie de la journée. Les flancs restent plus fins, mieux ventilés par le vent. On ne parle pas de bouclier thermique miraculeux, mais d’un petit gain qui compte quand chaque degré pèse sur le bilan d’eau.

    Par ailleurs, la bosse crée une sorte de « zone tampon » de graisse qui isole partiellement la colonne vertébrale et les organes thoraciques de l’irradiation directe. Elle joue le rôle d’un isolant déporté. Les tissus plus vitaux, eux, profitent de zones où la graisse est moins dense, ce qui aide la circulation sanguine à évacuer la chaleur accumulée.

    Chez le chameau de Bactriane, qui affronte des hivers rigoureux en plus d’étés chauds, la double bosse et le pelage plus épais s’accordent avec un autre enjeu : garder de la chaleur quand il gèle sévèrement. L’amas adipeux ajustable dans les bosses sert alors de soutien en saison froide comme en saison chaude, sans changer de nature. Cette polyvalence explique en partie la longévité de l’espèce dans des zones où les amplitudes thermiques dépassent facilement 50 °C entre hiver et été.

    Chameau ou dromadaire : qui a la bosse de l’endurance ?

    Une confusion fréquente brouille encore plus la question des bosses. Dans les déserts chauds d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, les animaux qu’on appelle couramment « chameaux » sont en réalité des dromadaires, avec une seule bosse. Le « vrai » chameau, au sens zoologique, désigne souvent le chameau de Bactriane, à deux bosses, présent en Asie centrale et dans certaines zones de Mongolie et de Chine.

    Les deux appartiennent au genre Camelus et partagent la même logique de stockage de graisse dorsale. Les dromadaires (Camelus dromedarius) dominent numériquement : la FAO estime leur population à plusieurs dizaines de millions de têtes, largement concentrées dans les pays arabes et en Afrique de l’Est. Le chameau de Bactriane domestique (Camelus bactrianus) est moins nombreux, et son cousin sauvage (Camelus ferus) figure même sur la liste rouge de l’UICN.

    Au niveau des bosses, la quantité totale de graisse ne diffère pas tant que ça. Les deux animaux peuvent stocker plusieurs dizaines de kilos d’amas adipeux. La différence tient au milieu. Le dromadaire fréquente des régions où les températures montent régulièrement au-dessus de 45 °C et où la ressource en eau est très irrégulière. Le chameau de Bactriane vit dans des steppes et des déserts froids, avec des températures qui peuvent descendre à -30 °C l’hiver. Ses deux bosses et sa fourrure plus épaisse répondent à cet environnement plus contrasté.

    Point clé pour la question initiale : la bosse du dromadaire comme celle du chameau de Bactriane est remplie de graisse, pas d’eau. Les mécanismes de fabrication d’eau métabolique, de récupération d’humidité dans les narines, de concentration de l’urine ou de tolérance à la déshydratation se retrouvent chez les deux espèces. L’idée que les deux bosses du Bactrien seraient une « double citerne » relève du même malentendu que pour la bosse unique du dromadaire.

    Two-humped Bactrian camel in cold steppe landscape
    Photo : patrice schoefolt / Pexels

    Pourquoi la légende persiste : image scolaire, culture populaire et simplification

    Si l’on tape « bosse chameau eau » sur un moteur de recherche, on tombe encore sur des blogs de vulgarisation approximative ou des fiches scolaires datées qui reprennent la vieille histoire de la « réserve d’eau ». La force de cette explication vient de sa simplicité : un enfant voit une bosse, on lui dit « c’est de l’eau », et tout s’aligne avec l’idée d’un animal du désert qui ne boit presque jamais.

    Les manuels modernes corrigent massivement ce point, mais l’inertie culturelle reste forte. Des sondages informels réalisés par des enseignants ou des vulgarisateurs montrent qu’une forte majorité d’élèves du primaire répondent spontanément « de l’eau » quand on leur demande ce que contient la bosse. La vidéo courte publiée sur YouTube par des vulgarisateurs francophones (« Les chameaux stockent de l’eau dans leurs bosses ? VRAI ou FAUX ») vise clairement ce public, signe que la question reste actuelle.

    Les médias ont aussi entretenu la confusion. Des dessins animés, des albums jeunesse et des représentations simplifiées ont longtemps renforcé l’image du chameau « gourde vivante ». Il a fallu des campagnes explicites de sites grand public comme Ouest-France – Le Mag des Animaux, des capsules d’émissions comme C’est pas sorcier ou des articles du type « Info ou intox ? » pour commencer à corriger la trajectoire. La bosse pleine de graisse et d’eau métabolique a nettement moins de charme narratif qu’un réservoir magique.

    Derrière cette légende se cache aussi un biais plus large : la tendance à attribuer une capacité spectaculaire à un seul « truc » isolé. Or, la résistance du chameau repose sur une architecture complète : sang, reins, poumons, peau, comportement (activité plutôt nocturne en période de forte chaleur), et bien sûr bosse. Réduire cet ensemble à un réservoir dorsal trahit plus notre besoin d’histoires simples que la réalité des adaptations biologiques.

    FAQ – Ce qu’il faut retenir sur les bosses du chameau

    Les bosses du chameau contiennent-elles de l’eau ?

    Non. Les dissections et analyses anatomiques montrent des bosses composées d’environ 80 % de graisse, 15 % de tissus conjonctifs, 5 % de vaisseaux et de nerfs, et 0 % d’eau libre. Elles stockent de l’énergie, pas un liquide.

    Comment le chameau fabrique-t-il de l’eau à partir de sa bosse ?

    Quand le chameau oxyde la graisse de sa bosse, il produit de l’eau métabolique. La dégradation d’1 kg de lipides fournit en moyenne 1,1 litre d’eau. Cette eau rejoint le sang et les tissus, elle ne stagne pas dans la bosse.

    Combien de temps un chameau peut-il rester sans boire ?

    Les sources de physiologie citées par le Scientific Director of Québec parlent d’une semaine sans boire dans des conditions désertiques sévères, parfois un peu plus si la nourriture contient un peu d’eau et si l’animal ne fournit pas un effort intense.

    À quoi servent alors les bosses ?

    Les bosses servent surtout de réserves de graisse concentrée. Elles fournissent de l’énergie quand la nourriture manque, produisent de l’eau métabolique et redistribuent la masse adipeuse de façon à limiter l’isolation thermique du reste du corps. Elles jouent aussi un rôle dans la gestion de la surface exposée au soleil.

    Quelle est la différence entre chameau et dromadaire concernant les bosses ?

    Le dromadaire (Camelus dromedarius) a une bosse et vit surtout dans les déserts chauds d’Afrique et du Moyen-Orient. Le chameau de Bactriane (Camelus bactrianus) a deux bosses et vit dans les zones arides et froides d’Asie centrale. Dans les deux cas, les bosses contiennent de la graisse, pas de l’eau.

    Pourquoi les bosses se « dégonflent » quand le chameau manque de nourriture ?

    Quand l’animal puise dans ses réserves lipidiques, la masse de graisse diminue. La bosse perd de sa tension, s’affaisse, parfois au point de pendre sur le côté. Cette image de « sac vide » a nourri la légende de la citerne d’eau qui se vide.

    Comment le chameau peut-il boire plus de 100 litres d’eau d’un coup sans danger ?

    Ses globules rouges ovales peuvent gonfler jusqu’à 240 % de leur volume sans éclater, ce qui tolère un afflux massif d’eau dans le sang. Ses reins et son système cardiovasculaire encaissent ces variations de volume et de concentration sans rupture, ce qui serait impossible chez la plupart des mammifères.

    Le museau du chameau joue-t-il un rôle dans sa résistance à la soif ?

    Oui. Les fosses nasales récupèrent une grande partie de l’humidité de l’air expiré, jusqu’à 75 % selon certains travaux. L’air rejeté est plus sec, l’humidité reste dans les tissus. Cette économie s’ajoute à la concentration de l’urine et des fèces.

    La bosse protège-t-elle aussi du froid ?

    Chez le chameau de Bactriane, les bosses remplies de graisse servent d’isolant partiel pendant les hivers très froids des steppes d’Asie centrale. La graisse adipeuse agit comme une couche isolante modulable, en complément du pelage épais.

    Pourquoi continue-t-on à dire que les bosses sont remplies d’eau ?

    Par habitude et par simplification. L’image de la « gourde vivante » circule depuis l’Antiquité et a été relayée par des récits de voyage, des manuels anciens et la culture populaire. Les corrections diffusées par la vulgarisation récente mettent du temps à remplacer un mythe simple et séduisant.

    Sources et références (6)
    ▼
    • [1] Lemagdesanimaux.ouest-france (lemagdesanimaux.ouest-france.fr)
    • [2] Lesminis (lesminis.fr)
    • [3] L-express.ca (l-express.ca)
    • [4] Scientifique-en-chef.gouv.qc.ca (scientifique-en-chef.gouv.qc.ca)
    • [5] Caminteresse (caminteresse.fr)
    • [6] Youtube (youtube.com)

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