9 décembre 2006

J’accuse, d’Émile Zola

La Une du journal

Parce que l’aurore est humaine

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L’affaire Dreyfus, est sans conteste l’une des pages les moins honorables de notre histoire. Antisémitisme, mensonge d’État, trahison et coups tordus, rien n’aura été épargné aux protagonistes de cette sombre affaire. Affaire qui a partagé la France entraînant des conflits tranchés jusque dans les chaumières et a été le théâtre d’un affrontement sans merci entre les dreyfusards et les antis. Alors que rien ne semblait pouvoir permettre à la vérité d’éclater et à la justice de se faire, Émile Zola décide de publier, non pas dans un livre mais dans un journal quotidien, son célèbre « J’Accuse… ! Lettre ouverte au président de la République ».

Cet article, et surtout son immense retentissement, qui aidera sans conteste à la réhabilitation du Capitaine Dreyfus, ne tiennent pas au seul talent de Zola. C’est aussi un « coup » journalistique absolument incroyable. D’une part parce qu’il parait en pleine page, d’autre part parce que son titre est publié en énorme caractère, qu’il est rédigé à la première personne et qu’il fait mouche, incontestablement.

Mais ce titre, contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas Zola qui l’a trouvé mais… Georges Clemenceau. Lancé sur le tard dans la bataille – à l’instar de Jaurès qui avait initialement demandé la peine de mort contre Dreyfus avant de se raviser et de se battre avec férocité pour obtenir sa réhabilitation – est alors retiré de la vie politique après le scandale du canal de Panama et travaille comme rédacteur à l’Aurore, le journal qui passera à la postérité en publiant l’article d’Émile Zola. C’est d’ailleurs Clemenceau, lorsqu’il sera Président du Conseil qui fera voter le transfert des cendres de ce dernier au Panthéon.