4 septembre 2006

Un titre se compose en majuscules

arton414

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 Une histoire de casse pas casse-pied

On apprend souvent, notamment dans les écoles de dactylographie, qu’un titre doit être écrit en majuscules. Accessoirement, on y apprend aussi qu’un titre doit être centré.

Ce type de mise en forme répond en fait à une norme édictée par ces écoles afin d’uniformiser la manière de présenter et en vue de constituer un corps de dactylographes moulées sur le même mode. Tout cela à une époque désormais révolue, celle de la bonne vieille machine à écrire mécanique, du carbone et du papier pelure.

Aujourd’hui, le micro-ordinateur donne à tout un chacun les moyens de composer ses textes comme les “pros” de la typographie, du graphisme et de l’imprimerie. Et que font-ils, eux ? Hé bien il suffit de regarder un kiosque à journaux, d’entrer dans une librairie, de feuilleter un catalogue : aucun (ou presque) titre n’est composé en majuscules, aucun (ou presque) titre n’est centré.

Pourquoi ? En ce qui concerne les majuscules (dites : “capitales”, vous passerez pour un pro dans les dîners en ville), on sait depuis le milieu du XIXe siècle qu’elles ralentissent la lecture et font hésiter sur certains mots. Ceci a été démontré par de multiples travaux sur le processus de lecture. En conséquence, on ne les emploie que pour des titres très courts, de un à trois mots, guère plus. A contrario, un titre composé en minuscules (“bas de casse” pour briller dans les salons) se lit vite et bien.

Pour ce qui est du centrage, il présente un inconvénient graphique : il alourdit et rend statique la mise en page, contrairement au titre aligné à gauche (voire à droite), qui dynamise la page, et donne plus envie de s’y engager. La malédiction qui frappe la mise en pages aujourd’hui est : titre majuscules centré, corps de texte justifié ! Rien de plus lourd, de moins engageant pour le lecteur ! Excellent si on doit composer un texte qui ne doit pas être lu…