14 décembre 2010

Tuer un papillon en touchant ses ailes

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De gros doigts sur les fines ailes

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Les papillons sont des insectes fascinants. Leur métamorphose permet toutes les métaphores et leur beauté laisse rarement insensible. Ils se distinguent en ce sens de la plupart des autres insectes qui inspirent généralement, au mieux, l’indifférence, le plus souvent, une répulsion voire de véritables phobies. Or, comme tout ce qui est beau, on a envie de toucher. Par curiosité, comme ça, pour voir, ou tout simplement pour l’immobiliser le temps de le contempler.

Le moyen le plus simple consiste à le saisir par les ailes mais avec le risque, à en croire ce que nos parents nous serinaient lorsque nous étions petits, de condamner à mort cette pauvre créature. Il faut bien reconnaître que le fait de se retrouver avec les écailles du papillon sur les doigts est un peu inquiétant. En effet, la poudre qui recouvre leurs ailes et qui se retrouve presque immanquablement sur les doigts dès qu’on les touche, est constituée d’une multitude d’écailles microscopiques, des soies (sortes de poils aplatis) pour être précis, dont on ne comprend pas totalement la fonction. Ce que l’on sait cependant, c’est qu’elles ne sont pas indispensables au vol et que le fait d’en perdre un petit peu ou même une grande partie ne condamnera pas notre lépidoptère à rester cloué au sol et à en mourir.

Ce qui est vrai en revanche, c’est que la disparition de la totalité de ses écailles risque d’avoir des effets collatéraux. D’une part, elle pourrait rendre vulnérables certaines espèces de papillons qui se servent de leurs ailes pour se camoufler ou effrayer leurs prédateurs. D’autre part, un papillon dénué de toute écaille aura bien du mal, ne pouvant se parer de ses plus beaux oripeaux, à trouver un partenaire sexuel pour se reproduire.

Néanmoins, et sous réserve de le manipuler avec un minimum de précautions, le risque de lui ôter la totalité de ses écailles est relativement faible.