13 avril 2006

Sur la Lune, on alunit

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Et sur la comète de Halley, on « ahalleyit » ?

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Le mot « alunissage » est utilisé à tout bout de champ, dès qu’un objet habité ou non se pose sur notre satellite. Or, ce mot ne semble pas correspondre à ce qu’il désigne.

Où est le problème ? Il est de deux ordres. En créant le néologisme « alunissage », on sous-entend qu’il faudra en créer autant qu’il y aura d’objets célestes sur lesquels se poser. Préparons-nous donc aux amarsissage, avénussissage, ajupiterissage etc. Nous sommes dans le grotesque, aucune langue ne s’est jamais enrichie de cette façon. D’ailleurs, les mêmes journalistes qui parlent d’alunissage parlent sans sourciller d’atterrissage sur Mars, pour ne pas sombrer dans le ridicule sans doute.

Autre aspect du problème : en français, le mot « terre » désigne aussi bien la planète que l’élément. Or, c’est bien ce dernier qui est évoqué dans l’atterrissage ! En effet, atterrir c’est se poser sur la terre ferme, par opposition à la mer (amerrissage), ou au pont d’un porte-avions (appontage). En anglais, aucune confusion n’est à craindre : la terre c’est « land », la Terre c’est « Earth ». Le mot landing dit bien ce qu’il veut dire : atterrir c’est toucher terre, non toucher la Terre.

Contentons-nous donc d’atterrissage lunaire et d’atterrissage martien, ce sera déjà bien ; inutile d’inventer des mots qui représentent des impasses et des absurdités linguistiques.