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28 février 2005

Nous sommes supérieurs aux bactéries !

 L’homme est plus complexe, mais pas supérieur.

Le contenu de cet article est PROUVÉ

On tire souvent, de la théorie d’évolution, une notion de progrès qui lui serait synonyme ou comme sa conséquence directe, une marche inéluctable vers une amélioration dirigée, qui pourtant lui est étrangère.

Le point central ici vient de ce qu’un amalgame est fait entre la “marche vers la complexité”, l’augmentation quantitative, dont l’être humain est le sommet, et un progrès qui n’a pourtant nul besoin de la complexité pour s’exprimer.

Si le progrès est de pouvoir vivre dans son environnement le mieux possible, d’être parfaitement adapté aux conditions imposées par la nature, la bactérie est là, depuis des milliards d’années, pour prouver qu’il n’est nul besoin d’être complexe pour survivre. Ces organismes unicellulaires sont présents depuis bien plus longtemps nous, dans les milieux les plus inhospitaliers et qui nous survivront sans doute. Comme le notait avec justesse S. Gould : “La ’dégénérescence’ du parasite est aussi parfaite que l’élégance de la gazelle

L’homme, contrairement aux organismes plus simples, est aussi fragile qu’il est complexe et il serait le premier à subir les conséquences d’une modification de son milieu, comme c’est déjà arrivé par le passé pour des espèces aujourd’hui disparues. Les notions de groupes inférieurs, primitifs, supérieurs ou plus évoluésn’ont aucun sens sinon chronologique, et l’idée de progrès implique un jugement de valeur et a une connotation morale que la nature ne connaît pas.

L’évolution des êtres vivants n’est donc ni utile, ni nécessaire et n’a absolument aucune finalité ni aucune direction, elle est tout simplement, comme une conséquence de la pression sélective. La terminologie utilisée est également source de confusion et on pourrait préférer le terme de transformisme à celui d’évolutionnisme. Mais l’être humain veut absolument donner du sens à ce qui n’en a pas, motivé par le fait qu’il est le plus complexe des êtres vivants et désirant être reconnu pour ce qu’il est.

Évolution, de l’origine de la vie aux origines de l’homme

Évolution, progrès, sens de la vie, centre univers, homme marginal

Stephen Jay Gould, L’éventail du vivant : le mythe du progrès, 1997

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