19 octobre 2008

Les trois petits chats font du triolisme

Cartoon cats. Elements for your design.

Point de vice, vis de forme, formidable…

Le contenu de cet article est SURRÉALISTE

 

À première vue, ça ressemble à un article de 1er avril mais derrière ce titre aguicheur, se cache une véritable idée reçue, de celle qu’ont se traîne toute une vie.

Mais de quoi parle-t-il ?

Souvenez-vous, vous étiez un petit enfant, vous étiez encore innocent et candide et vous chantiez sans fin des comptines et ritournelles. À moins d’avoir grandi au fond d’une grotte, vous n’avez pu échapper à la chanson des trois petits chats ou à l’une de ses innombrables variantes.

Restituons néanmoins, la particularité de cette chanson est qu’elle peut être complétée, compliquée et enrichie à l’infini. Le principe : on chante sur un air lancinant un mot ou une expression répété plusieurs fois puis le dernier son est repris dans le groupe de mots suivant, ce qui donne, dans la version la plus connue : Trois petits chats, chapeau de paille, paillasson, somnambule, bulotin, tintamarre, etc. On pourrait s’appesantir sur le fait que bulotin ne veut absolument rien dire mais ce n’est pas le sujet.

Arrive alors le passage qui nous intéresse : boite aux lettres, lettre d’amour… mourre-à-trois  ! La plupart des enfants n’y comprennent rien (ou du moins les adultes que nous sommes devenus n’y comprenaient rien, car pour les enfants d’aujourd’hui baignant dans les experts ou Saw dès 6 ans, il n’est pas exclu, s’ils chantent encore Trois petits chats, qu’ils aient un avis sur la question). Plus tard en vieillissant quand on la chante à nos enfants, un petit sourire nous vient aux lèvres car notre esprit tordu et pervers a vite fait de transformer ce fameux mourre-à-trois en ‘mour à trois.

C’est pourtant tout à fait improbable. Cette comptine, probablement venue du Québec, regorge de termes vieillots et désuets, et même bulotin qui est certainement une déformation de bulletin, n’a rien de vraiment subversif. En dehors du vache de ferme, ferme ta gueule, gueule de loup de la version la plus “osée” cette chanson est totalement édulcorée et rien ne laisse supposer qu’une référence sexuelle ait pu s’y glisser. Alors qu’en est-il vraiment ?

Rien n’est sûr mais la version érotique est sans conteste la moins probable. Le plus crédible est qu’il s’agisse de mourre-à-trois. La mourre est un jeu ancien qui consistait à deviner le nombre de doigts tendus par le ou les joueurs. Une sorte de pierre-feuille-ciseau désormais tombé en désuétude. Il est bien plus probable que le mourre-à-trois soit une variante de ce jeu à trois joueurs ou trois mains. Un jeu de cour d’école dans une chanson de cour d’école en quelque sorte.