4 juillet 2006

Les remèdes de bonne fame

Des sources fam…éliques

Le contenu de cet article est PROBABLE

L’expression, encore utilisée aujourd’hui pour désigner des pharmacopées désuètes et peu crédibles, aurait selon certains une origine latine : le terme fama qui a donné en français des mots comme « fameux » et « infâme » ou encore une locution telle que « mal famé ». Un « remède de bonne fame » est donc soutenu par ceux-là comme un remède de bonne réputation. Pourtant on ne trouve aucune trace écrite de l’expression dans toute la littérature ancienne (latine comprise) ; il y a bien l’emploi de « bonne fame » au sens de bonne renommée, mais rien associant un mot désignant un remède ou une médication. (si vous avez en votre possession un texte à nous soumettre, n’hésitez pas a nous en informer)

Le savoir empirique et médical des populations du Moyen Âge a fréquemment été collecté et appliqué par les femmes, c’est un fait admis et attesté par de nombreux témoignages écrits. Il faut aussi considérer qu’au Moyen Âge on écrivait indifféremment le mot femme, fame ou famme pour désigner le sexe féminin. Cette homonymie a-t-elle favorisé, comme sa phonétique, le glissement de sens supposé ? La réponse appartient plus aux philologues qu’aux lexicographes qui se bornent à constater l’erreur possible. L’imagerie populaire a depuis assimilé l’expression dans un sens péjoratif et discriminatoire, la “bonne femme” faisant figure de gourde, telle la brave paysanne inculte et héritière de supposés secrets de sorcières : un fantasme de citadins…

Pour ce qui est de son orthographe, c’est bien « bonne femme » qui est à employer, n’en déplaise à certains : l’académie a depuis longtemps tranché là dessus, et ne s’embarrasse pas de ce genre de questions, l’usage d’un mot passant avant son étymologie. À ce sujet, notons au passage que M. Pierre Larousse écrivait : « des remèdes populaires ordonnés et administrés par des personnes étrangères à l’art de guérir », ce qui ne nous avance guère, la citation pouvant servir autant à l’une ou l’autre des définitions précédemment exposées.

Pour finir, il est intéressant de voir comment sont nommés ces remèdes réputés dans les langues européennes : old wives’ remedy, Hausmittel, remedio casero, rimedio empirico… Ces expressions illustrent l’aspect empirique de certaines médications, il n’est pas exclu que les immigrés européens du moyen âge aient pu favoriser un glissement de sens par phonétisme. Mais ce n’est qu’une spéculation de plus à mettre au dossier.

Faut-il pour autant se fier à des médicaments sur leurs seules bonnes réputations ? Certes non, et c’est peut-être là que cet invérifiable accident sémantique de la langue française prend de la pertinence : ladite “bonne réputation” d’un remède est depuis toujours la base des charlatanismes.

Là est donc l’idée reçue : tout argument de popularité est potentiellement douteux et malfaisant. Ceux qui s’appuient sur ce genre de soutenance sont plutôt malfamés..

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Anonyme
26 septembre 2016 chez 6 h 36 min

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