La puissance de l’idée reçue

Quand la remise en cause met en danger l’être social !

Nous avons tous des idées toutes faites qui nous viennent de notre milieu familial, éducatif ou social que nous ne mettons pas en question par un raisonnement critique rationnel. Ces idées reçues, rabâchées ou transmises depuis plusieurs générations, sont pourtant parfois des “illusions de savoir”, des opinions qui, bien qu’elles ne soient pas fondées sur des faits, constituent notre fonds de savoir, reposant plutôt soit sur une perception erronée des choses ou des évènements, soit sur une acceptation et une confiance simple et aveugle de ce qu’on nous dit, soit encore sur une ignorance entretenue au fil des années ; la méthode scientifique n’étant pas innée chez l’être humain ni véritablement naturelle, en plus de la nécessité d’avoir réellement les moyens et le temps de vérifier chaque affirmation qui nous est apportée. De telles illusions de savoir, partagées par un grand nombre d’individus, peuvent constituer les préjugés, les croyances de chacun et diriger les actes d’un individu ou d’une société, voire engendrer des mouvements de masse.

Des opinions ou des idées largement répandues dans le public deviennent des traditions ou des préjugés qu’il est souvent difficile de déraciner par le rationnel, l’étude, la vérification ou la réflexion, mais les idées reçues ne sont pas nécessairement immuables, même si le besoin de croire est caractéristique de l’espèce humaine en leur donnant un pouvoir démesuré. Avoir une vision critique sur certaines idées bien figées marginalise parfois, aux yeux de ceux qui restent logés dans une espèce de conformisme intellectuel, celui qui ose les réfuter, car la perte de repères peut représenter un acte lourd de conséquences pour ceux qui refusent de considérer leur “savoir” et leurs certitudes comme une superstition ou une croyance. La marginalisation n’étant pas une situation enviée ni enviable chez tout être sociable, ce peut être une des raisons faisant que les idées reçues soient si rarement remises en cause, et l’irrationnel de certaines positions si rarement contesté.

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