Il faut le voir pour le croire

L’idée reçue soumise à nos sens ?

trompe l'oeil

L’empirisme est à la base de la science depuis l’invention du fil à couper le beurre et plus encore. Cependant, nos sens nous trompent et de nos jours peu de choses échappent à la performance de l’analyse objective.

Un exemple, notre œil qui nous permet de voir (en moyenne) sept couleurs à l’arc-en-ciel alors qu’il en contient des millions, chose qu’il n’est pas possible de déceler sans l’aide d’appareils conçus pour cela et dont le but n’est pas forcément d’étendre nos sens (longue-vue) mais aussi d’étendre l’expérience hors de leur portée (comme la détection électromagnétique). À l’inverse, les couleurs que peut percevoir l’œil — comme le pourpre — ne figurent pas toutes dans l’arc-en-ciel, d’où la nécessité d’éprouver nos sens… même s’ils nous trompent.

Si faire usage de l’empirisme est incontournable dans l’élaboration du savoir scientifique, l’empirisme seul n’est rien ou presque. Archimède, que l’on imagine volontiers dans sa baignoire essayant de noyer son canard en plastique, a fait l’expérience d’un corps plongé dans un liquide subissant une poussée verticale avant d’en dessiner les contours théoriques : c’est l’expérience (empirisme) au service du génie. De la même manière on garde dans nos imageries populaires le gag d’une pomme tombant sur la tête d’Isaac Newton faisant ainsi l’expérience de la gravité qu’il couchera plus tard sur le papier sous forme d’équations cohérentes. À l’inverse, c’est grâce à une non-conformité de la théorie de Newton observée dans une partie de l’espace que John Adams put prédire mathématiquement l’existence de la planète Neptune et il fallut attendre cinq ans pour qu’elle puisse être vue avec un télescope. C’est le génie au service de l’expérience qui a dès lors un rôle prépondérant.

La grande vague scientifique de la fin du XIXe et du début du XXe siècle s’est emballée surtout grâce à des démonstrations objectives impossibles à observer sinon par le constat des prédictions conséquentes à la démonstration. Si bien qu’il n’est plus du tout fiable aujourd’hui d’utiliser le seul argument de l’expérience pour démontrer un fait sans le filtre de l’analyse objective et critique. Toutefois, il ne faut pas se méprendre quant au sens de l’argumentation scientifique, ce n’est pas l’autorité (scientifique) qui a force de loi, ni la réputation de celui ou ceux qui soutiennent mais les protocoles de validations sérieux et honnêtes mis à jour par la communauté scientifique, les comités de lecture et des publications réfutables.

Alors si quelqu’un essaye de vous vendre une poudre de perlimpinpin en exhibant un constat d’huissier comme validité scientifique, vous saurez à quoi vous en tenir…

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