16 septembre 2006

Les Berbères : des immigrés de fraîche date…

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A en perdre son latin

Selon une idée bien ancrée des deux côtés de la Méditerranée, l’immigration nord-africaine dans notre pays est un phénomène tout à fait récent, notre histoire commune se limitant à un rapide contact lors des invasions sarrasines, et à celui un peu plus long associé à la conquête de l’Algérie.

Mais saviez-vous que les Berbères ont été Chrétiens pendant plus de 1 000 ans ? Que ce sont eux qui ont christianisé le bassin occidental méditerranéen ? Que leurs centaines de milliers d’adeptes, leurs milliers de martyrs et de Saints catholiques, leurs centaines d’évêques, et leurs 4 Papes, ont converti plus de la moitié de la Gaule au christianisme ?

Cette conversion a été possible d’autant mieux que c’est par dizaines de milliers qu’ils ont colonisé le sud de la Gaule à l’époque romaine, soit sous forme de population déplacée, soit comme vétérans-fermiers, venus avec femme et enfants faire fructifier les terres octroyées par Rome. Les villes qu’ils y ont fondées se comptent par centaines…

Alors, comment cela a-t-il pu passer inaperçu dans notre histoire. et la leur ? Par une simple raison de langue !

Ce n’est que très récemment que l’on a commencé à étudier ce (et ceux !) qui se cachait derrière les noms et prénoms latins de cette époque, ou la toponymie des villes et villages. En effet, la Pax Romana ayant imposé l’utilisation d’une langue unique tout autour du bassin méditerranéen, personne n’a plus remarqué que derrière un Caracalla, Septime Severe, Crispinus, Martialis, Tertullien, Cyprien, Augustin, voire Sénèque… se trouvait un Berbère !

Et que les Saints Patrons des Adrien, Constantin, Célestin, Damien, Émilien, Eugène, Félix, Jules, Justine, Germaine, Laurent, Maxime, Marcel, Monique, Victor, Vincent… – et il y en a des centaines – l’étaient tout autant !!!

Ces patronymes et prénoms latins, les Berbères les ont portés par la suite pendant près de 2.000 ans, jusqu’en 1881 très exactement, près de 50 ans après l’arrivée des Français sur l’autre rive de la Méditerranée, colonisateurs à leur tour. À cette date, le Code de l’Indigénat a imposé une arabisation forcée des patronymes.

Les noms patronymiques des Berbères d’aujourd’hui ne sont pas ceux de leurs ancêtres dans une proportion de plus des trois quarts.