18 novembre 2009

Les acides lactiques sont responsables des courbatures

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La tactique des lactiques

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C’est une belle après-midi de mai, le temps est radieux, vous avez la pêche et le stère de bois qui végète en tas au fond du jardin depuis l’automne devient une évidence. Vous sautez dans un vieux t-shirt gagné lors d’une course à pied en 1987 et vous voilà transformé pour les trois prochaines heures en bûcheron infatigable. Les tasseaux sont désormais rangés dans le panier en osier près de la cheminée, Madame est ravie, vous vous couchez épuisé mais satisfait, vous vous sentez vivant et vous endormez du sommeil du juste.

Huit heures plus tard, c’est une tout autre histoire. Vous vous réveillez avec l’impression qu’un éléphant a passé la nuit assis sur vos épaules.

On a longtemps cru que les acides lactiques étaient à l’origine des courbatures, ces douleurs musculaires qui peuvent dans certains cas être insupportables. En effet, lorsque les muscles fournissent un effort soutenu, un certain nombre de mécanismes se mettent en marche pour leur apporter l’énergie nécessaire. Pour faire simple, lorsque cet effort devient très intense, les muscles, pour fonctionner à plein régime, se mettent à consommer plus de sucre que d’oxygène (contrairement aux efforts en endurance). Ce déséquilibre entraîne la création des biens connus mais mésestimés acides lactiques qui doivent probablement leur mauvaise réputation à leur statut de déchet métabolique (encore que même ce point soit désormais contesté). En effet, en 2004, des chercheurs australiens ont mis en évidence le fait que les acides lactiques n’avaient pas de rôle prépondérant dans la fatigue musculaire et il a été établi que même au repos le corps crée des acides lactiques.

Une forte accumulation de ces acides due à un effort important alors ? Là encore, ça ne serait possible que si ces acides lactiques restaient stockés dans les muscles pendant plusieurs jours (les courbatures disparaissent comme elles sont venues dans un délai allant de 2 à 5 jours en général). Or, l’organisme sait parfaitement évacuer ces déchets. Ils sont recyclés par le foie et on n’en retrouve plus trace dans un délai de 30 à 90 minutes après la fin de l’effort physique.

Enfin et toujours à la décharge des acides lactiques, les courbatures ne surviennent que lorsque l’on sollicite les muscles à une intensité d’effort auquel l’organisme n’est pas habitué. Un muscle entraîné, comme celui d’un sportif régulier habitué à travailler à haute intensité, encaissera une séance très intense sans ressentir de courbature (sauf bien sûr s’il produit un effort exceptionnel). Et pourtant, au cours de cette séance, ses muscles créeront autant d’acide lactique que n’importe quel autre individu puisqu’il s’entraînera justement à ce qui correspond, pour lui, à l’intensité à laquelle il crée des acides lactiques (on appelle cela la voie anaérobie lactique dans le jargon sportif).

Mais alors, si les acides lactiques n’ont rien à voir là-dedans, qu’est-ce qui les provoque, ces fameuses courbatures ? Eh bien ! pour résumer… on n’en sait rien.