6 septembre 2007

Le produit qui colore l’urine dans les piscines

happy kids have fun on outdoor swimming pool at beautiful aquapark

Pisse-z-y culture et gaz moutarde…

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Il y a trois choses invraisemblables auxquelles un enfant de moins de 6 ans se doit de croire dans nos sociétés occidentales : qu’un gros barbu super sympa viendra déposer le soir de Noël des joujoux par milliers (même si on a été une teigne pendant le plus clair de son année) ; qu’une délicieuse petite souris va venir remplacer la petite quenotte qu’on a placée sous son oreiller par, au mieux, une pièce de 10 balles (oui, la nostalgie, c’est aussi ça), au pire une fraise Tagada ; et enfin, que, si jamais on urine dans la piscine, un produit chimique révolutionnaire (inventé par les Américains, rien de moins) va immédiatement colorer le coupable pipi et faire une tache rouge (rouge c’est mieux) dans la piscine avec ce que cela suppose de « la honte de ta vie » qui va avec.

Étonnamment, si sur les coups de 6 ou 7 ans, avec l’entrée dans le monde ultra cruel de l’école primaire, seuls quelques rêveurs continuent à nouer quelques illusions sur l’existence de la petite souris et du père Noël, la certitude (mêlée de crainte et c’est là son secret) de l’existence de ce piège à pisse reste tenace. Et pour cause, je ne sais pas vous, mais sans jamais y croire vraiment, je n’ai jamais pu me résoudre à faire l’expérience de pisser dans une piscine. D’abord parce qu’une autre idée reçue veut que ça soit dégueulasse, et d’autre part quand même un peu parce que tout de même, imaginez qu’une telle horreur existe ? Se retrouver entouré d’un halo de liquide coloré bien visible, se faire remonter les bretelles publiquement par le maître nageur, et tout cela devant les yeux écœurés et réprobateurs des autres nageurs, trop peu pour moi.

Et pourtant, c’est un fait, un tel produit n’existe pas.

Du moins pas tel qu’on l’imagine. Il faut savoir que l’urée mélangée au chlore peut produire des chloramines qui polluent l’eau et qui sous forme gazeuse, sont nauséabondes et irritantes. C’est d’ailleurs essentiellement pour cela qu’il ne faut pas uriner dans une piscine (dans un lac pas de problème !). Il existe toutes sortes de dispositifs utilisés pour analyser les prélèvements d’eau afin d’en vérifier la qualité. Et si certains se teintent effectivement lorsqu’ils détectent la présence d’urée, ils ne sont en aucun cas ajoutés lors de la chloration de l’eau.

C’est d’ailleurs un grand classique. Faire croire à tout le monde qu’il existe un produit dont les effets sont si effrayants que personne ne veut prendre le risque de vérifier par lui-même s’il existe, et se servir de cette menace pour contraindre tout un chacun de s’abstenir volontairement de faire quelque chose de naturel ou d’agréable. Dans le cas présent, c’est pour la bonne cause, et il est bien normal de se soucier de la propreté de l’eau dans laquelle nous nous trempons, mais imaginez ce que des personnes mal intentionnées pourraient faire si elles arrivaient à enfoncer des idées reçues de ce genre dans les cerveaux des gens… Heureusement, Tatoufaux veille au grain 🙂