14 septembre 2008

La Belgique est divisée entre Flamands et Wallons

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Les Wallons du plat pays survolés par les Flamands de Bruxelles

Cela arrangerait bien les adeptes de la pensée binaire, mais les choses ne sont pas aussi simples ! Tout d’abord, la Belgique, État fédéral, comprend non pas deux, mais trois régions autonomes (Wallonie, Flandre et Bruxelles), sur lesquelles se superposent non pas deux, mais trois communautés linguistiques (française, flamande et germanophone) — voir cartes). À cela s’ajoute, bien entendu, un gouvernement fédéral.

Si les régions correspondent à des territoires bien délimités, il n’en est pas forcément de même des communautés, qui regroupent des populations de même langue, indépendamment du territoire sur lequel elles se trouvent. Ainsi, la communauté germanophone, qui habite les cantons de l’Est attribués à la Belgique par le traité de Versailles, dépend territorialement de la Région wallonne. Et Bruxelles, région indépendante majoritairement francophone mais officiellement bilingue, abrite — entre autres — des habitants des communautés française et flamande. Il faut toutefois garder à l’esprit que l’enclavement de Bruxelles en Région Flamande ne signifie pas que ses habitants soient nécessairement flamands ou que Bruxelles soit en Flandre, car Bruxelles est avant tout une région distincte, dont la particularité est d’être gérée de façon paritaire par les francophones et les néerlandophones. Ce qui ne l’empêche pas d’être aussi la capitale de la Flandre ! Enfin, pour brouiller encore un peu les cartes, les Flamands ont décidé de fusionner les instances de la Communauté et de la Région flamande. Ce qui permet de dire d’un Bruxellois néerlandophone qu’il est flamand, alors qu’il serait mal venu de traiter a priori un Bruxellois francophone de Wallon. Vous suivez toujours ? Parce que c’est là qu’entre en scène le concept de “compétence” en vertu duquel chaque entité se voit attribuer toute autorité sur des matières bien définies. Système unique au monde, il est assez complexe et source d’incompréhensions et de problèmes.

Au-delà de la fractureclassique entre francophones et néerlandophones, et sans entrer dans les arcanes des clivages de second niveau qui opposent au sein de chaque entité les différents partis politiques entre eux, les régionalistes aux communautaristes(au sens belge du terme) ou encore les extrémistes aux modérés, on voit donc bien que, sans être faux, le discours qui réduit la problématique à un simple conflit entre Flamands et Wallons, est un peu sommaire. En outre, il occulte le cas du petit million de Bruxellois, ni wallons ni flamands pour la plupart, qui ne s’y retrouvent pas, tout comme les presque 400 000 francophones qui vivent en Flandre et le million de Flamands en Wallonie. Soit au total près du quart de la population belge.

Quant au mythe du “plat pays”, ce sera pour une autre fois.

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