8 janvier 2010

Il faut sucer les morsures de serpent pour aspirer le venin

arton539

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Les morsures qui se sucent, c’est la mort sure !

Les toxines entrant dans la composition du venin des serpents ont une fonction destructrice des tissus organiques dans le but premier de tuer sa proie et secondaire de la prédigérer.

Injectées, elles :

  • créent des dommages au cœur (myotoxines),
  • affectent le circuit sanguin (hémotoxines),
  • occasionnent des lésions tissulaires (cytotoxines),
  • ou altèrent les fonctions des neurotransmetteurs (neurotoxines).

Mordu ? Vite ! J’évacue un maximum de venin ? Heu, le doc dit que tu vas mourir… mais tout seul !

Les aspirer par la bouche favorise la rapidité de leur arrivée à bon port cœur ou cerveau. Personne ne peut garantir de n’avoir aucune microlésion dans la bouche : aphtes etc. De plus, les muqueuses buccales sont extrêmement perméables et peuvent donc laisser passer le venin dans le sang.

Lécher ses plaies pour détruire le venin ? La salive détruirait-elle les molécules du venin ?

Que nenni : les compositions des diverses toxines dont sont équipées les glandes venimeuses des serpents sont extrêmement complexes. Il n’existe pas d’antidote universel. Chaque composé demande son sérum adapté en fonction de sa composition propre. La fabrication de ces sérums nécessite des manipulations en laboratoires spécialisés à partir d’échantillons de venins spécifiques.

S’il suffisait de notre propre salive pour détruire ces toxines, on ne se compliquerait pas la vie à capturer des serpents de toutes les espèces, les élever, les traire afin de récupérer le venin pour analyses et traitements.

L’aspiration du venin : une pratique à proscrire.

La pompette n’a donc aucun risque d’être ivre

Les “pompes à venin” (Aspivenin, Venimex) sont parfaitement efficaces en tant que “pompe à fric” des utilisateurs crédules. Pour les envenimations de reptiles, il en est autrement :

Si elles sont pratiques et [peut-être] efficaces pour les insectes aux dards courts (guêpes, abeilles…) ces appareils ne sont que placebo en ce qui concerne les morsures de serpents (les personnes qui l’utilisent croient en sa totale efficacité et donc évitent de paniquer, là est sa seule utilité).

Les crochets à venin d’un viperidae solenoglyphe ont une taille bien supérieure aux quelques millimètres d’efficacité de cet appareil. Elles n’ont donc aucune action sur le venin qui se distille hors d’atteinte de son action maximale.

De plus, lors de son action aspirante, l’appareil créé des microlésions qui favorisent encore la propagation des toxines.

Lorsque vous vous faites mordre, 3 urgences :

1 — Observez ce qui vous a mordu (il peut s’agir de serpent non venimeux).

2 — Restez calme (ce sera votre principal atout de sauvegarde).

3 — Faites vous transporter pour observation ou rendez-vous-y calmement.

Prévention :

  • Rassurer la victime ou SE rassurer pour éviter d’accélérer sa circulation sanguine ;
  • Désinfecter la plaie ;
  •  Un objet froid enveloppé d’un tissu appliqué sur le point de morsure pour ralentir la propagation du venin et soulager la douleur ;
  •  Si le blessé doit attendre les secours, qu’il s’allonge dans un endroit tempéré (ombre d’un arbre…) ;
  •  S’il y a déplacement du blessé : qu’il soit le plus serein possible (immobiliser le membre mordu par une attelle de fortune sans jamais serrer si la personne est trop stressée) ;
  • Enlever tout vêtement et accessoire serrant (cravate, ceinture, chaussettes, chaussures, bagues, bracelet…) ;
  • Surveiller la tension artérielle ;
  • Boire de l’eau ;
  • En cas de douleur : paracétamol (PAS D’ASPIRINE).