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15 mars 2006

Il faut prononcer « gageure » comme « majeure »

Un « e » qui compte pour du beurre.

Le contenu de cet article est PROUVÉ

On entend en effet de plus en plus souvent prononcer gageure conformément (du moins en apparence) à son orthographe, puisque e+u en français se prononcent comme dans « beurre ».

Or, « gageure » est une exception ! Ce substantif correspond naturellement au verbe « gager » (parier), et le « e » intercalaire entre le « g » et le « u » ne sert qu’à transformer phonétiquement le “g” en “j”, comme dans « pigeon ». Il s’agit donc d’un « e » muet. La prononciation de ce mot serait donc bien “gajur”.

Du moins en première approximation ! Comment ? Y aurait-il une exception à l’exception ? Pas vraiment, mais il y a des précédents étonnants. Le « e » muet intercalaire était jadis une règle ; qu’on se souvienne de Rabelais et de son Jean des Entommeures (à prononcer « Entommures »). Ainsi « émeute », de même racine qu’ému, se prononçait-il émute. Le « e » muet a ici fini par polluer la prononciation du mot, avant de se faire oublier totalement.

La prononciation de « gageure » comme « majeure », pour être « fautive » au regard de l’étymologie, a donc des précédents, et on peut croire qu’elle finira par s’imposer… ou pas ! Ainsi évolue la langue, du moins pour une part, certaines fautes étant retenues pour des raisons obscures, d’autres non.

Pas de quoi provoquer une émute.

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