26 juillet 2005

Il faut du gras sur une brûlure

beautiful flames burning on a cozy fireplace

Au feu, les corps gras !

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Comme souvent en ce qui concerne les premiers secours, ce n’est pas une mais une multitude d’idées reçues qui circulent sur les brûlures, transmises de génération en génération et responsables de belles catastrophes. Pêle-mêle on trouvera des remèdes de grand-mère tels que « tartiner du dentifrice » ou « frotter une patate » sur la brûlure, mais aussi des conduites d’automutilation — par exemple chez certains cuisiniers qui ont tendance à se rebrûler par-dessus — et plus fréquent encore, le fait de mettre un corps gras sur la brûlure : pommade, tulle ou autre noix de beurre.

Difficile de trouver l’origine de toutes ces croyances. Pour la patate, sans doute est-ce la sensation de frais, pour le dentifrice peut-être l’action du menthol présent dans certaines pâtes et ayant des effets antalgiques. Quant au fait de se rebrûler, on entre plutôt dans le domaine de la superstition (soigner le mal par le mal) ou de la magie noire…

Toujours est-il que toutes ces actions sont totalement inutiles, dangereuses (risque d’infections, mauvaise cicatrisation) et empêchent la seule vraie action possible en urgence pour gérer une brûlure, à savoir le refroidissement immédiat à l’eau froide de la zone lésée et ce, quelle que soit la gravité de la brûlure. La brûlure est une souffrance de la peau pouvant aller jusqu’à sa destruction par une élévation rapide de la température. Il convient donc de rabaisser la température de la peau (c’est notamment ce que fait l’organisme en créant une cloque, qu’il ne faut d’ailleurs JAMAIS percer). Bizarrement, si l’on sait depuis plus de 50 ans refroidir les réacteurs nucléaires avec de l’eau froide, on hésite encore à arroser une brûlure. C’est pourtant une nécessité si on veut stopper la « cuisson » de la peau, et d’autant plus si la peau continue d’être attaquée (par la présence de gouttes d’huile bouillante par exemple).

L’arrosage de la brûlure se fait avec une eau froide non glacée (aux alentours de 15 °C), pendant au minimum 5 minutes si l’on veut que le refroidissement soit complet et efficace. En général on procède plutôt par ruissellement afin d’éviter la douleur que provoquerait immanquablement le jet d’eau direct sur la partie douloureuse (parce qu’une brûlure, ça fait mal !). À noter enfin que l’action de refroidissement n’est efficace que lorsque la peau est encore chaude soit moins de 15 minutes après la brûlure. L’utilisation de pommade ou compresses spécifiques n’intervient qu’après et sur recommandation médicale.