6 septembre 2005

Écouter de la musique classique rend plus intelligent (l’effet Mozart)

iu

La musique ne remplace pas les nurses !

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La musique classique est souvent considérée comme le summum du raffinement, de la culture, et celui qui s’y adonne est catalogué d’emblée comme “cultivé” et instruit. Le rock, le jazz ou la pop n’en seraient que les avatars inconsistants, ne parlons pas du rap… Mais il y a plus, car la musique classique rendrait même plus intelligent, à tel point que certaines futures mamans n’hésitent pas à poser des casques sur leur ventre afin d’élever le QI de leur futur rejeton, ou des administrations à faire passer du Mozart dans les crèches, écoles et autres lieux publics.

Or cette croyance n’a aucun fondement scientifique, comme l’ont rappelé deux chercheurs en psychologie sociale, A Bangerter et C. Heath, qui ont traqué la légende urbaine jusque dans ses moindres recoins. Même si ses thuriféraires s’en défendent, ou l’ignorent, cette idée reçue récente provient d’une malheureuse extrapolation d’un article de la revue Nature de 1993, qui rapportait une étude où des étudiants avaient amélioré leurs résultats lors de tests de QI spatial, après avoir écouté une sonate pour piano de Mozart.

Pourtant restreinte au domaine spatial, l’étude a été élargie au QI en général, et le pas allégrement franchi sans justification. Lorsqu’en 1999 une méta-analyse de 16 études dans ce domaine est réalisée qui conclut que Mozart ne rend pas plus intelligent que le silence, le mal est déjà fait : la légende est partie, disséminée, déformée. L’effet Mozart, (puisque c’est son nom), a pris son envol, pour le plus grand bonheur des vendeurs de cassettes, CD ou bouquins de musique classique.