C’est en roulant que le galet devient rond
Le contenu de cet article est PROUVÉ
Pierre qui roule ne devient pas douce !
Nous sommes nombreux à l’avoir appris à l’école primaire : les galets de nos torrents sont lisses et arrondis parce que la rivière les a roulés au fond de son lit. Voilà une explication claire et hautement intuitive. Qu’en est-il ?
Observons cette assertion à la lumière de la pensée rationnelle : les galets ne peuvent être roulés que de l’amont vers l’aval. Imaginons une roche « normale », présentant angles et aspérités, descendant le courant sans s’arrêter : soit à la vitesse moyenne de 3 kilomètres par heure. Sur un torrent de 30 kilomètres, peut-on penser que cette roche aura pris en dix heures de ce polissage, la forme d’un beau galet poli ?
Tout ceux qui ont poli des pierres (et des miroirs de télescope) savent le temps que cela prend. Il semble évident que la forme d’un galet est le résultat de centaines de milliers d’heures de polissage.
Voyons la chose autrement : si vraiment c’est le courant qui roule la roche et la polit, l’état final de celle-ci sera plus ou moins fini selon de la longueur de la rivière. Les galets des torrents les plus longs devraient être les mieux polis... Dans un même torrent, les galets trouvés près du confluent (et donc roulés plus longtemps) doivent être plus polis que ceux trouvés en amont...
Or, toute personne ayant pu randonner en montagne sait que l’on trouve des galets parfaitement finis à quelques kilomètres seulement en aval de la source. Alors ? Alors, c’est l’abrasion des roches par le sable du torrent qui donne aux galets leur forme et leur état de surface. Ainsi, un caillou peut rester tranquillement à passer des vacances éternelles dans le lit du cours d’eau, sans bouger d’un centimètre : il en sortira, après les milliers d’années nécessaires, fin prêt pour l’aquarium.
Seuls les amoureux roulent au fond d’un lit, et ils n’en sortent pas forcément plus polis !
Dans le même ordre d'idées :



